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Kawasaki H2T | Excessive

Suzuki Hayabusa Turbo | Immortel faucon

Texte & photos : Tommy Marin

Un mythe. Une légende. Vous avez sous les yeux l'Hayabusa originelle, telle qu'elle est apparue au catalogue Suzuki en 1999, il y a 25 ans. Enfin, il en reste le coloris, le cadre… et le tempérament réputé déraisonnable !

En 1999, l'Hayabusa (ou faucon pèlerin en japonais) faisait les gros titres de la presse spécialisée en devenant, grâce à ses 175 chevaux, la première moto de série à franchir la mythique barre des 300 km/h chrono.

25 ans plus tard, la moindre sportive 1000cc, au châssis bien plus affuté, fait mieux. Il fallait donc rendre à cette Hayabusa son tempérament extravagant, le rendre immortel. Thorn Bikes s'en est occupé. Et le carénage full carbone, malgré sa teinte d'origine (celle du tout premier millésime d'Hayabusa), peine à cacher l'ampleur de la prépa.

Telle quelle, la bête sort déjà 350 ch et 29 mkg à la roue arrière. Ça accélère donc plutôt pas mal...

"On a commencé par tout démonter, raconte le patron, Franck Nourry. On a entièrement contrôlé, révisé et préparé le moteur avec de la pièce performance : bielles et pistons forgés, distribution complète sur mesure, y compris les arbres à cames…"

C'est qu'il lui fallait de quoi encaisser la soufflerie, à ce gros 4-cylindres en ligne. "On a pris deux turbos Mitsubishi, que l'on a coupés et assemblés afin d'en tirer un comportement le plus lisse possible. Là-dessus, on a un collecteur inox 4 en 1, deux tubes de fuite et un double échappement maison sur mesure terminé par des silencieux carbone Yoshimura de l'époque."

"Il y a évidemment wastgate, blow-off, boite à air, rampe d'injecteurs Bosch, pompe à essence, régulateur, ECU Thorn Bikes, intercooler pour refroidir l'air… On réfléchit encore à installer un système Nitrous (NOS) sur l'intercooler pour mieux le refroidir : il y a un gain potentiel de 30 ch."

Telle quelle, la bête sort déjà 350 ch et 29 mkg à la roue arrière. Ça accélère donc plutôt pas mal… D'autant qu'un quickshifter Shiftpower permet de réduire le temps perdu à chaque changement de rapport. "C'est aussi linéaire que possible, mais honnêtement, ça devient compliqué au-dessus de 6 000 tr/min", sourit le boss…

Pour digérer cette cavalerie, le châssis a lui aussi suivi une bonne cure de rigueur. Une fourche de GSX-R 1000 et un amortisseur Shock Factory suspendent le châssis sur une sublime paire de jantes en carbone forgé Rotobox Bullet.

Le plus difficile pour cette moto : garder son train avant en contact avec le sol. Thorn Bikes lui a donc installé un bras oscillant rallongé de type dragster : une pièce d'orfèvrerie entièrement en aluminium taillé dans la masse, en provenance des USA et signée Trac Dynamics.

Le pilote, en appui sur des commandes reculées Thorn Bikes anodisées noires, peut compter sur la rigidité de l'ensemble tés / bracelets IMA pour supporter la puissance du moteur… et du système de freinage complet Béringer.

Reste un détail : le regard perçant du faucon. "Généralement, je ne suis pas fan du style angel eyes : je trouve que ça fait jacky tuning, conclut Franck. Mais le propriétaire de la moto (dont on vous parle tout en bas de cette publication) aimait bien ce bloc optique. Et finalement, je trouve qu'il a raison. Elle est belle, cette moto."

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Les chiffres

La prépa en détail

Moteur

  • Bielles et pistons forgés
  • Distribution complète sur mesure
  • Turbo Mitsubishi modifié
  • Wastgate, blow-off, intercooler
  • Collecteur inox 4 en 1, double échappement Thorn Bikes et silencieux Yoshimura
  • Boite à air sur mesure
  • Rampe d'injecteurs Bosch
  • Pompe à essence, régulateur et ECU Thorn Bikes
  • Quickshifter Shiftpower

Châssis

  • Jantes carbone Rotobox Bullet
  • Bras oscillant rallongé Trac Dynamics
  • Amortisseur Shock Factory
  • Fourche de Suzuki GSX-R 1000
  • Système de freinage complet Béringer
  • Tés et guidons IMA
  • Commandes reculées Thorn Bikes anodisées noires
  • Carénage full carbone

La galerie

L'anecdote

"C'est une commande un peu particulière, une histoire qui date", raconte Franck au sujet de cette prépa.

"Il y a une dizaine d'années, un gars est venu discuter à l'atelier. Il venait de Monaco. Pas une star ou un mec super-riche : un passionné. Ce jour-là, avant de repartir, il m'a dit : 'Je te ferai faire une Hayabusa turbo, un jour.' Une phrase comme j'en entends souvent sur l'enthousiasme du moment, mais qui reste le plus souvent lettre morte…"

Pourtant, cette fois, le "gars" va rappeler. "Je décroche : il m'explique qu'il a gagné à la loterie et qu'il veut mettre une partie de son budget – 50 000 € – dans cette prépa. J'avais plus ou moins carte blanche. Le seul vrai impératif, comme demandé 10 ans plus tôt : un turbo."

Dont acte.

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